Un drapeau qui tient compagnie aux morts

Un drapeau qui tient compagnie aux morts
Une pensée aux victimes dites "collatérales"

Le bruit circule en ville, sur les ondes radio et sur le Web: mercredi 3 octobre, une marche blanche partira du Biel à 20h et se terminera place de l'Etoile, devant le siège du Parlement. C'est la famille de Charles Chikhani qui a lancé l'idée.
Charles est mort le 19 septembre dans l'attentat qui a coûté la vie au député Antoine Ghanem. Une sorte de symbole car ce jeune homme de 28 ans était rentré au pays il y a un an et demi après des études à l'étranger.
Nous avons souvent tendance à parler de la fuite des cerveaux, mais il y a encore des jeunes qui croient en ce pays et qui reviennent au bercail malgré tout...


source : nathalie bontems et david hury

# Posté le mardi 25 septembre 2007 06:53

Modifié le samedi 06 octobre 2007 16:54

Antoine Ghanem

Antoine Ghanem
Sin el Fel, Beyrouth, 19septembre : Pour que le Liban vive.



Je crois qu'on a cessé de les compter


Gan
d salut au député indépendantiste, phalangiste et adhérant au parti de la Rencontre démocratique parainé par Joumblatt :



Je connaissais a
ssez bien cet homme qui faisait souvent son apparition sur les médias et je le sais en personnage politique posé, indépendantiste et amusant aussi.
Il est membre des Kataëb depuis 46ans. Diplômé en droit de l'Université Saint-Joseph de Beyrouth et de l'Université de Lyon, il a enseigné le droit durant de nombreuses années à l'Université Libanaise.
I
l a voté contre la prorogation du mandat de Lahoud du temps de la tutelle syrienne et a participé au mouvement indépendantiste de mars 2005.
Poète,
il a salué les martyrs qui l'ont précédé avec des mots émouvants.
Ses coll
ègues se rappellent son lyrisme et aujourd'hui on ne peut s'empêcher de se demander quels vers se serait-il réservé.
A son tour il
se fait abattre par les ennemis de l'indépendance du Cèdre.
Lui aussi rej
oint le cortège des martyrs de la Révolution et entre dans l'Histoire de son pays par la grande porte.
Il est a
llé rejoindre son collègue et son camarade Pierre Gemayel qui s'était lui-même sacrifié pour que le Liban vive.
Pierre Gemayel s'
était fait assassiner au lendemain des démissions chiites et Antoine Ghanem la veille des élections présidentielles, alors qu'il aurait pu être ce président d' "entente nationale " , ce "grand frère" comme l'a qualifié Saad Hariri et ce " fidèle au peuple " comme l'a nommé son ami Amin Gemayel .

La majorité parl
ementaire avait menacé d'élire un président le 25septembre même avec la majorité absolue dans le cas où les députés de l'opposition boycotteraient la séance. Sur un total de 128 sièges ramenés à 127, la majorité actuelle passe de 69 à 68 voix. Elle détient toujours la majorité mais comme l'avait affirmé la journaliste de la NBN " il en faut encore 4 ou 5 " pour que le Parlement tombe à l'eau, tout comme l'initiative de Berry qui avait pourtant détendu l'ambiance ces derniers jours.
En effet
les coups de Damas visant à liquider la majorité indépendantiste antisyrienne gèlent tout éventuelle entente en contraignant les Libanais de ne pas dialoguer. Cependant, le camp de l'opposition au Liban reste manipulé par le régime baasiste et ce sont les propos de Michel Aoun le soir de l'attentat qui en témoignent le plus. Il a refusé d'accuser la Syrie, a rendu le gouvernement responsable et a en revanche accusé ce dernier de "marchander" avec le sang des martyrs, sachant qu'il y avait quelques semaines il s'était permis d'insulter les députés de Baabda Alley dont Ghanem faisait partie.
De plus, il
est à noter que c'est bien son parti qui à politiquement tiré profit de l'assassinat de Pierre Gemayel en emportant son siège au Metn, le 5 aout.

Depuis le déb
ut des manifestations pour un gvt d'union nationale, l'opposition n'a pas cessé d'assurer à la majorité qu'elle serait "surprise" et dans les jours qui suivaient cette escalade verbale la majorité était en effet surprise par un assassinat.
Depuis qu'il
a été question de la prorogation de Lahoud, puis du tribunal etc... l'opposition, ou le camp prosyrien pour se replacer dans un cadre plus général et à la fois plus rigoureux, n'a en réalité présenté aucune concession et voici que la présidence semble à son tour projettée.
A
la suite de cet attentat les forces du 14mars ont prié l'ONU de sauver l'échance présidentielle qui est aux portes. Encore une fois l' "impuissance" de l'ONU montrera que tous les chemins mènent à Damas !
L'o
pposition a refusé de reconnaître que cet attentat constituait un des multiples ultimatums baasistes lancés à la majorité et elle avance que le 14mars tentera d'en profiter, alors qu'aux élections metniotes du 5août c'est Aoun qui en a profité en gagnant la place du défunt Pierre Gemayel.

Je pense
que sur le plan politique le régime baasiste fait d'une pierre deux coups via ces assassinats : il estompe la majorité indépendantiste apte à représenter un Liban souverain sur la scène internationale et creuse le fossé entre les différentes factions libanaises pour éviter qu'elles ne tombent sur un accord capable d'amoindrir sa main mise sur le Liban.
Jamais dans l
'histoire du Liban, même pendant les années noires de la guerre civile, autant d'assassinats ne se sont poursuivis aussi rapidement. Car jamais le régime syrien n'a été aussi menacé de s'éteindre au Liban et d'agoniser en Syrie.
L
a balle est en réalité dans le camp de l'opposition en terme "d'union nationale" mais ce soir elle a préféré refuser la réalité en optant pour ses profits personnels qui n'ont de cesse d'engouffrer le Liban.


LES CIBLES DEPUIS RAFIC HARIRI (le monde.fr)

édition spéciale Kalem el ness

Je présente de sincères condoléances à sa famille, au Liban et à toutes les victimes qui ont péri avec le député ainsi que tous les blessés qui ont souffert de cet horrible attentat. On dénombre en effet 6 morts et 56 blessés. De nombreux innocents payent le prix de cette bataille pour l'indépendance, ils ont le tort d'être Libanais et d'avoir confiance en leur patrie. Depuis le début des attentats on peut considérer que les civils payent énormément le prix du combat. Je salue aussi les compagnons du défunt qui ont fidèlement accompagné le député dans son dernier voyage et jusqu'à sa dernière demeure.

# Posté le mercredi 19 septembre 2007 12:22

Modifié le mercredi 26 septembre 2007 11:36

BASHIR GEMAYEL, SON LIBAN ET CELUI D'AUJOURD'HUI

BASHIR GEMAYEL, SON LIBAN ET CELUI D'AUJOURD'HUI
A la fin des années 70 une journaliste interroge Bashir Gemayel lors d'une conférence de presse :
--" Comment pensez-vous que le Liban pourrait s'en sortir ?
-- Qu'ils sortent tous et le Liban s'en sortira ! "


25 ans plus tard qu'est-ce qui a changé ?

25 après que reste-t-il du rêve de Bashir Gemayel ?
Auj
ourd'hui les piliers du 14mars, toutes confessions confondues, scandent les slogans du Phénix du Liban, reconnaissent-ils leurs erreurs ou ont-ils encore des reproches à faire au jeune martyr ?
Au
sein de la rue libanaise, Bashir Gemayel est-il le fondateur des milices des forces libanaises ou est-il celui qui a insufflé la conscience nationale à ses compatriotes en essayant quel que soit les difficultés d'instaurer un Etat providence et de défendre l'indépendance?


De nombreuses réponses à suivre ici avec Marcel Ghanem,
édition spéciale : BASHIR GEMAYEL

# Posté le vendredi 14 septembre 2007 16:35

Modifié le dimanche 16 septembre 2007 11:55

SOUS LES BOMBES UNDER BOMBS

SOUS LES BOMBES UNDER BOMBS
Après le succès de Bosta, Philippe Aractingi s'est lancé dans un film sous les bombes.

Sous Les Bombes, c'est son nom et c'est son nouveau chef d'oeuvre.
Avec la partici
pation d'Arte France, le réalisateur libanais originaire du Sud a fait de la guerre de juillet 2006 un réel film.
S
es talents cinématographiques lui ont permis d'y mêler synopsis à documentaire et art à témoignage.
C'est en effet
sous les bombes israéliennes que le film est tourné. La caméra suit Zeina (la comédienne Nada Abou Farhat) depuis l'aéroport de Beyrouth où elle cherche un taxi pour l'accompagner au sud du Liban. Dans de telles conditions tout le monde refuse, seul Toni ( l'acteur Georges Khebbez) accepte de l'y emmener. Ils vont retrouver Karim, le fils de Zeina.
Sur le trajet des ob
us atérrissent sur tous les côtés, le débit des convois de réfugiés augmentent et la croix rouge essaie de s'infiltrer partout pour sauver des vies.
Tout pour
"du vrai" ! Les acteurs ont très souvent imporivsé le scénario et sont même allés interroger l'armée libanaise pour qu'elle leur précise ce qui advenait des autoroutes, tout en jouant le rôle de Zeina et de Toni bien entendu.
Le réalisateur a
essayé d'éviter de montrer les morts cela dit, et il le dit lui même : ce film ne prend pas parti pour un camp libanais ou un autre, il est la représentation de la souffrance des innocents.
Ze
ina, très touchante dans le film, questionne tous les réfugiés : " avez-vous cet enfant ? " . Elle s'écroule avec les maisons qu'Israël détruit et ne cesse de pleurer face au drame.
On ap
erçoit les réelles images, non retouchées, de réfugiés qui paniquent quand Tsahal bombarde non loin ou quand ils doivent quitter en masse un bâtiment car ils viennent de recevoir un ultimatum.
Les journalistes qui communiquaient les dernières infos sur le terrain sont aussi filmés par la caméra d'Aractingi.

L
a guerre de juillet, cette guerre contre l'humanité est matérialisée dans toute son atrocité et sa barbarie. Les cadavres que les secours retirent des décombres sont les vraies victimes du massacre. Les maisons écroulées appartiennent réellement à des propriétaires probablement etouffés sous les décombres.
Le
réalisateur explique que cette idée lui est venue brusquement et qu'elle a lui a semblé même évidente.
De mon côté
je n'ai pas vu le film dans sa globalité mais de nombreux extraits.
J
e pense qu'en matière d'art contemporain Philipe Aractingi aura marqué un point. Il a fait de son oeuvre un message complet. Nous ne sommes plus dans la fiction où le destin des personnages dépend du bon vouloir du réalisateur. Au contraire, le rude destin des protagonistes de ce film est le même que celui qu'ils affrontent quand on éteint les projecteurs. Ce long métrage est aussi une traduction de l'impuissance libanaise quelque part ; il rappelle que les Libanais n'ont pas le droit de rêver face à un film.
Une page de ren
ouveau dans l'histoire du cinéma libanais et mondial ; parce que loin des caméras et des micros le réalisateur place de nouveaux horizons au cinéma et semble même proposer une morale.
La meilleure faç
on d'interpeler son spectateur est de mêler une histoire au documentaire historique et la meilleure façon d'interpeler la conscience internationale est de mêler un documentaire historique à l'histoire.


LE SITE OFFICIEL

LA BANDE ANNONCE (très belle et captivante)

Des photos du film



Je vous invite à revisiter la plus grande partie de mon blog
qui est consacrée à la guerre de juillet : témoignages,
poèmes, pensées, infos ...
Ici voici le lien de mon long témoignage concernant le pire des
massacres : CANA

# Posté le vendredi 14 septembre 2007 10:26

Modifié le dimanche 16 septembre 2007 16:20

victoire

victoire
Félicitations à notre armée et à notre Liban

VICTOIRE

Khalik bwej el ghadab, nanCy pour l'armée

# Posté le mercredi 05 septembre 2007 15:24

Modifié le dimanche 22 juin 2008 07:15